Les chiens restent cloitrés dans leur niche, les yeux fermé sur tous nos cauchemars, une patte sur l'os prêts à dégainer, et ils se préparent pour les jours ou nous serons moins vivants,
juste un peu plus morts, un monde derrière nous.Il ne se passe rien, j'astique ma winchester. J'attends la bombe, absolument rien, l'ennui passe sous ma fenêtre avec un gout de passé perdu, les
oiseaux ont perdu leur permis de vol et un SS les fait défiler au garde-à-vous sous une enclume. Il ne se passe plus rien, le ciel est bas, l'espoir s'y englue les ailes et tandis qu'on vient me
chercher dans ma cellule pour d'autres ailleurs, un peu moins seuls mais plus solitaires, il n'y a plus rien, il ne se passera plus personne,
"Alors là c'est moi et mon didou d'amour! Lâchez vos coms'"
"là c'est ma chienne, elle a trois ans et demi, je l'adore trooooooopp!!"
"C'est lætitia, c'est ma meilleure amie... (Je t'aime trop ma belle, j'espère te voir bientôt!)"
...
Allez leur dire vous qu'on en a rien à carrer, moi ils me fatiguent.
Comme si on avait donné une fourchette à un putain de pingouin: à l’heure qu'il est, il doit encore se dire que comme instrument de musique ça vaut définitivement que dalle mais que comme chapeau
c'est pas top non plus... C'est pareil avec tous ces blogs, à la base c'est un formidable outil d'expression et l’humanoïde moyen pourvu d'un clavier le réduit à un album photo où s'étalent les
mêmes conneries soporifiques. Cela vient peut-être du fait que le blogeur moyen a entre 14 et 17 ans.Ou est-ce la solitude glaciale accrochée au fond de nos estomacs, vous savez cette boule au
fond de la gorge, celle qui vous étouffe parfois la nuit a 28 heures du soir sans savoir ce que c'est... Je ne sais plus qui a dit: "Je n'ai jamais été solitaire, mais toujours seul avec les
autres"
Tenir un blog reviendrait donc à s'écouter parler, en espérant que quelqu'un surprenne la conversation. Je crée un blog par dépit. J'écris pour le plaisir de déverser un peu de bille sur la
connerie des uns et un peu de cynisme sur la joie aveugle des autres. Je déteste mon monde, oui, mais pas autant que ses auteurs...
Mais alors que finalement j'écris sans doutes pour les mêmes raisons que les autres, à quoi sert mon blog?
Surtout jamais s'arrêter pour regarder autour de soi, et réaliser que tout prend la flotte de tous côtés, que le jour est bas... Tracer, se noyer dans le travail ou l'alcool ou le lit d'une fée
quand ça va pas et le temps passe, et on le regarde, et il nous rends notre regard avec un sourire poli de cynisme...Hier à quatre pattes puis debout, puis sur les rotules un dimanche soir,
demain lundi, tu devra sortir de ton trou l'ami et rencontrer les humains... Croiser des regards et le jugement vendus en promo pour cinquante balles au rayon des lessives mentales.
Je regarde la vie de merde des gens a la superette du coin, est-ce que cette femme, la quarantaine et quelques siècles de vide voit sa voiture à crédit, son paquet de crème anti-temps, son mari
chef de rayon, PLEIN D'AMBITION, son gnome qui hurle au rayon des armes factices, son rendez-vous a l'Agence Nationale Pour l'Ennui et ses allocs pour fins de mois difficiles au fond d'un
logement social aussi gai que je JT de TF1, le napperon brodé sur la télé ou le crucifix qui surveille l'urne de sa mère au salon/salle à manger? Fait elle vraiment semblant de ne rien voir ou
est-ce seulement du prozac? On se débat pour quoi? Il parait que le but de toute existence semble bien être de finir, mais Aden et Eve n’étaient pas prêts, alors voila dieu, super U et ma télé.
Mais plus loin encore l'univers n'a d'autre but que de tourner, attendre la fin dans l'antichambre de la connerie humaine, érigée en cathédrales ou en missiles nucléaires, pour s'occuper l'ennui.
On arrivera bien quelque part quelque jour, mais marcherons-nous toujours sur nos Nike? Le silence a la vie dure voyez-vous, et...qui l'écoute encore quand il n'a de toute façon plus rien à dire
...
Quand à moi je rame dans le noir et je m'éclaire aux sentiments usés. Pour d'autres matins moins gris on attend l'aurore, pas très rassurés par le crépuscule...
Un fou m'a avoué que tu existes, quelque part dans un coin du monde, que tu vis comme moi, par ici ou là bas, plus loin des autres, que tu ressent comme moi, dans un caniveau humide ou sur une
crête ensoleillée tu saurais me comprendre, toi qui regardes devant et derrière d'un seul oeil, l'autre sur le présent. Quelque part entre ces rumeurs, ta voix inaudible souffle des mots qui me
sont familiers, ton alchimie saurait irradier mes nuits, ta rage pourrait forcer des barricades, ton moteur bat le rythme de ma musique et tes fleurs ont la couleur de ma peau. Perdus entre deux
excès de ressenti, nés pareils, avec le même désir de brûler la corde qui nous tient, belle comme une goutte de nostalgie, moi je suis plus vide que mes bouteilles. Quelque part, je le sais, tu
hais toi aussi, dans un magma incertain qui colle à la peau des exilés tu me cherches, tu m'attends.
Et tu vides le spleen de tes poubelles chaque dimanche soir, sans rien comprendre de ce bonheur inquiétant qui suit certains hommes comme leur ombre, une joie de vivre qui ne sait se défendre
d'exister dans chaque banalité, pour chaque histoire bancale prête à basculer dans le que dalle anonyme, en équilibre sur un fil. Toi et moi nous serions de ceux qui ne sont pas sur les listes,
de ceux qui dissimulent un sarcasme derrière leurs Ray ban, matant les rails ordinaires humains, nous saurions rire de nos routes, les suivant jusqu'à la dernière borne au volant d'une fastback
70… Mais pour cela déjà faudrait il que je sache à quel croisement ramasser ta sombre beauté, où m’attendent tes beaux yeux gris et ta psyché…
Je l’avais draguée dans un bar, devant un whisky sec, elle se tenait là, affalée sur notre comptoir, le regard un peu vitreux. Elle m’a expliqué que son dernier mec venait de la jeter pour une
petite brune qui revenait à peine de l’enfance. Je lui ai payé un sourire à deux cinquante puis on a un peu parlé. Sa vie n’avait été jusque là qu’une succession de rades miteux et de chambres
grises, balancée entre la fin et le début de vies un peu futiles, elle s’était acharnée à se faire aimer, mais personne n’avait su lui laisser la porte entrouverte assez longtemps. Ses larmes
avaient rayé de noir son visage un peu trop maquillé. J’ai sorti mes mouchoirs et ma trousse de premiers secours et on est restés là à se renvoyer des bulles d’amertume sur du vieux blues. Au
bout de quelques verres nos lèvres se sont touchées, elle avait le goût de ses paroles. Je lui ai dit que nous avions froid alors elle m’a pris contre ses seins. En y posant une goutte d’eau j’ai
respiré son parfum, puis quand j’ai aperçu le fond de nos verres je l’ai ramenée. De rues en ruelles à ma porte, elle a voulu rester. Couchée sur mon divan elle m’a encore dit que je lui plaisait
et qu’elle pensait s’attarder un moment dans mon sillage avant de se déshabiller. Totalement nue, entièrement belle, elle s’est blottie contre moi. Je crois qu’elle m’aimait déjà. Couché dans ses
bras, le sang glacé par sa peau, je me suis endormi, elle n’a pas voulu coucher…Ce n’est pas une fille facile,
Un jour les gouvernements du monde se réuniront autour d'une table d'acier pour décider que faire de tant de souvenirs. Le vent soufflant dans les hélices du temps, les hommes accrochés à leur
imparfait ploient sous le poids de ces années révolues. Les souvenirs, résidus de bonheurs ébrèches, réduits au stade de plus jamais amoureux se sont trop amassés. Certains se
remémorent un troisième reich à l'ombre des barbelés, d'autres accrochent leurs bras en croix au dessus de leur couche et prient pour un futur tissé de passé. D'autres encore revoient l'été, les
cerisiers en fleurs, belle chevelure dorée sur sa poitrine, plus blonde que les blés, la peau plus douce que les brises d'été. Les hommes se souviennent et les disques durs se noient dans le flot
de leurs échos. L'unité centrale qui contrôle ressentis dépassés et remords périmés sature de ces milliards de paradoxes de l'espèce, où un enfant meurt lentement sous les ruines de son monde,
une fleur à la main.
Oui, un jour, les gouvernements du monde, réunis à cette table en une assemblée de mémoires, conscients que l'avenir supporte mal le dépassé décideront ce qu'il est bon de faire de vos souvenirs.
Ils bâtiront des usines où vos cerveaux seront une matière première, triée et recyclée, pour que toutes vos pensées se conjuguent à jamais au futur. Votre monde sombrera dans l'oubli, toutes vos
erreurs seront alors à réinventer, à refaire, à renaître. Et toi aussi, ma jolie muse tu disparaîtra dans la marée descendante de l'homme,
Les chanteurs vous mentent… Est-ce que Angie est revenue...? Mon cul! En chanson c’est toujours si beau, si beau qu’on imagine mal qu’après une chanson comme Angie justement, la fille en question
puisse tout de même mettre les voiles n’est-ce pas ?...Bien sur…et en vrai, ça fini comment ?? Et bien ça fini, tout simplement. Chose étrange, même les chansons d’amour tristes et
déchirantes comme « Avec le temps » de Léo Ferré sont belles. L’amour déçu, l’amour fichu, l’amour perdu semble beau en musique, mais une fois la mélodie finie la réalité à un tout
autre goût…
Les musiciens vous mentent. Et combien d’entre nous en ce moment même pleurent sur celle qu’ils aimaient avec Angie ou Julia en fond sonore ? Vous voyez de quoi je parle évidemment …
Quand on la perd et que le gouffre semble franchissable, l’espace d’un instant, le temps d’une belle chanson pleine d’émotions fortes et belles : « Si seulement tu pouvais entendre
ça comme je l’entends, le ressentir pareil à cet instant… » Mais t’es (le) seul mon vieux ! Demandes à Jack Daniel’s si t’en doutes… On aimerait quand les nymphes quittent le sillage de
nos navires savoir trouver les mots de ces chansons, ‘’les mots bleus’’ qui les retiendrons…et surtout que ça marche. Mais que dalle. Alors, les chanteurs vous mentent, soyez surs que les rock
stars aussi se prennent des vestes, mais sur mesure(s) et en musique s’il vous plaît !
Je suis cette ampoule au plafond, celle qui pend au bout de trois câbles au milieu de votre plafond désert. Sans rien autour d’elle qui la rende plus belle ou attractive, nue,
sans apparat, même pas une ampoule économique, non, une ampoule ordinaire, brûlante. Personne n’a jamais jugé utile de m’enjoliver de quelque lustre où pourraient briller simultanément deux
lumières, je reste seul, je pends au dessus du vide et vois les gens vivre en dessous, sans jamais qu’aucun(e) ne lève les yeux sur moi. Tantôt allumé, tantôt éteint, je remplis ma fonction, ni
plus, ni moins. Je suis lumineux et sombre à la fois, je me fais allumer souvent, mais on m’éteint aussitôt qu’on a plus besoin de moi. Qui regarde les ampoules ?
Je peux pourtant éclairer vos nuits et vos vies, vous remplir d’une douce chaleur… Mais je suis, comme toute autre ampoule qui m’est semblable en tout point et par milliards, indispensable,
certes, mais si peut important. Une ampoule vaut une ampoule. Je ne vis un peu que la nuit, la journée j’attends le soir, éteint, et la poussière me recouvre. Parcouru d’une énergie incroyable et
presque magique qui peut apporter confort chaleur et bien être comme flammes peur et destruction je ne me définit que dans l’obscurité. Quoi de plus triste qu’une ampoule éteinte, seule au
plafond ? Alors un jour, toujours sans vous soucier de mois, vous m’allumerez une fois de trop, et, ce jour là, je ferai sauter les plombs…
>>Journal de bord du capitaine JANUS, Lundi 2 juillet 2007, 05H41 heure
terrienne, Solitude Alpha_324, orbite stable. 22ème jour.
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L’incendie qui s’était déclarédans les cales et la salle des
machines lors de l’impact a causé de graves dégâts. La température de ces deux secteurs ayant atteint un seuil assez bas pour que je puisse y pénétrer à nouveau, il s’avère que les turbines
peuvent encore fonctionner à 35 % de leur capacité maximale, ce qui suffit à assurer les fonctions principales mais les réserves de carburant ainsi que les vivres stockés dans les cales 4 et 5
sont parties en fumée, de plus les flammes qui ont ravagé le vaisseau durant 2 jours ont brûlé plus de 60 % des réserves d’oxygène avant que je n’arrive à étouffer le feu en coupant les vannes
d’alimentation manuellement. Le gouvernail semble ne plus répondre aux commandes et le vaisseau a dérivé jusqu’à être happé par l’orbite de PAIN, il est probable qu’il ait également subi les
séquelles de l’impact, je me prépare donc à une sortie pour tenter une réparation.
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>>Journal de bord du capitaine JANUS, Jeudi 5 juillet 2007, 06H05 heure
terrienne, Solitude Alpha_324, orbite stable. 23ème jour.
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J’ai réparé le gouvernail ce matin mais la carlingue semble avoir été
endommagée par les pluies de météores incessantes qui sévissent de Alpha_321 à Alpha_327, l’oxygène fuis par le sas avant et le moteur principal est à cours de carburant, je le remplace par de
l’alcool, pour l’instant cela semble fonctionner cependant la poussée ainsi fournie est trop faible pour échapper à l’orbite de PAIN dont le champ gravitationel est très
élevé, proportionnellement à la taille de l’astéroïde. Mon vaisseau continue donc à dériver et la mission initiale semble désormais sérieusement compromise si aucun vol commercial ou aéro-cargo
ne passe assez rapidement dans le secteur pour me secourir. J’ignore toujours si ma disparition à été remarquée et si des recherches sont en cours, mais même dans ce cas j’ai tellement dévié de
ma trajectoire initiale que la zone de recherche ne comprend sûrement pas ces tronçons de la section Alpha...
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>>Journal de bord du capitaine JANUS, Vendredi 6 juillet 2007, 04H10 heure
terrienne, Solitude Alpha_324, orbite stable. 24ème jour.
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La situation est stable, les quelques vivres qui ont échappé aux flammes
devraient me permettre d’après mes estimations de subsister encore 7 à 8 jours en me rationnant, la perte d’oxygène par le sas avant semble inévitable, malgré mes efforts pour colmater les
principales brèches il semble qu’il s’agisse pour la plus part de micro fissures et l’oxygène est indispensable dans cette partie du vaisseau. J’ai donc décidé de réduire de 40 % le débit
d’oxygène et j’ai coupé les systèmes auxiliaires afin d’économiser au maximum les réserves. Il m’est de plus en plus difficile de respirer tandis que les heures s’égrènent dans l’attente de
secours improbables, à des années lumière de ce qui compte pour moi.
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Une comète passe dans l’orbite de PAIN laissant une pâle traînée de verglas
dans l’espace…
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Toujoursaucun vaisseau dans les environs, ma radio me renvoie les
échos de l’espace, froid et désert . . .
De tous ces bruits ressort un grincement, la musique, comme les casquettes
plombées des lendemains de cuite, comme la fumée des cigarettes, comme le son d'une Fender cramée au fond d'un bar désert, personne sur le trottoir, rien qui trotte entre les neurones, une musique lancinante répandue comme un mantra démodé sur les murs de ta chambre d'hôtel.
T'es parti à la fin de la nuit, ou au début du jour, Je ne sais plus très bien. Tu m'as dit ne pas savoir où tu allais, t'es parti au hasard sous des trombes d'eau. Tu trainais dans ton sillage une
nuée de corbeaux silencieux, étrange procession dans les rues détrempées. Moi si je n'ai rien dit, c'est pour ne pas déranger tes oiseaux, les adieux sont une formalité inventée par les singes
savants. La cravate en berne et les yeux massacrés je t'ai regardé t'éloigner. Aurais-je du te suivre? Marcher en silence à tes côtés jusqu'à ce que nous soyons fatigués et te porter encore? Je
n'ai jamais eu l'âme d'un explorateur, alors je suis resté, je garderais notre conscience. Je sais que si tu trouves tu m'écrira, que si tu te te perds dans le brouillard tu ne m'apellera pas, je
sais.
Et puis la pluie s'est arrêtée, mais ma cigarette était trempée, je l'ai jetée dans le caniveau, et pour faire bonne figure je l'ai suivie. Va vieux, uses tes godasses jusqu'à la corde,
et si tu dois revenir de tes errances un jour, avant d'entrer,